Année : 2010

La brandade de morue

La brandade de morue

Miam, c'est tellement bon que la moitié s'est déjà volatilisée !

L’inconvénient de cette recette est de devoir laisser la morue dessaler 36 heures, ce qui est un peu risqué si l’on n’a pas un récipient fermé. A éviter en mer, donc, si on ne veut pas avoir un bateau qui sent la morue au cas où l’eau se renverse… En revanche, l’avantage, c’est que la morue salée se conserve bien sans réfrigérateur. De plus, la brandade est un plat bien consistant, qui passe très bien lorsqu’il fait un peu frais, même s’il est un peu long à préparer, notamment lorsqu’il faut émietter la morue en enlevant les arrêtes.

Fleur de Sel fait recette

Fleur de Sel fait recette

A bord de Fleur de Sel, la réponse à l’éternelle question « Qu’est-ce-qu’on mange aujourd’hui ? » dépend de bon nombre de choses, entre autres de si l’on est en mer ou à l’escale, de s’il fait chaud ou froid, de quels ingrédients on dispose, mais aussi de notre motivation à passer plutôt une heure ou une minute à préparer un repas. Aussi, voici une petite sélection des petits plats (plus ou moins sophistiqués, je vous l’accorde) qui font partie du livre de recettes de Fleur de Sel, afin de vous aider à imaginer notre pain quotidien, ou de vous inspirer dans vos essais de gastronomie maritime.

Pavillons nationaux et de courtoisie

Pavillons nationaux et de courtoisie

La pavillonerie en général fait partie du folklore maritime, et de nos jours encore on arbore encore régulièrement les pavillons même si certains trouvent cela désuet. Tout d’abord, sachez qu’on parle de pavillons pour un bateau, et non pas de drapeau, lequel est hissé à terre uniquement. Idem en anglais, où un ensign flotte sur un bateau, tandis qu’à terre on parle de flag. Première subtilité, de langage celle-ci, mais voyons les astuces à connaître concernant les pavillons, et les erreurs diplomatiques à ne pas commettre.

Qu’est-ce-qu’on mange aujourd’hui ?

Qu’est-ce-qu’on mange aujourd’hui ?

Le réchaud-four à bord de Fleur de Sel, avec la cocotte-minute et la bouilloire. Voici le coeur névralgique du coin cuisine !

Difficile d’imaginer notre vie à bord ? Pas facile effectivement pour un terrien, tant les rythmes et les préoccupations sont différents. Alors histoire d’en savoir plus, voici maintenant un petit dossier sur la vie à bord. Et quoi de mieux pour commencer que le plus important de tout ? J’ai nommé au choix l’alimentation, la restauration, la gastronomie, la cuisine. La bouffe quoi !

« Si tu vas à Rio… »

« Si tu vas à Rio… »

Vitória est la capitale de l’état d’Espirito Santo, qui, malgré son nom inoubliable, est moins célèbre que les deux états voisins, Bahia au nord, Rio de Janeiro au sud. C’est un port bien situé pour une escale en descendant la longue côte brésilienne. L’arrière pays est montagneux, chose que nous n’avions pas encore vue au Brésil, et accélère le vent au large. Ajoutez à cela le Courant du Brésil, qui descend la côte à plus d’un nœud, et vous avez tous les ingrédients du cocktail explosif que Fleur de Sel s’est enfilée pendant 27 heures, le temps d’avaler les 170 milles à faire depuis les Abrolhos.

Mais en arrivant, les prévisions météo étaient sans équivoque. D’ici quelques jours, un front froid viendra nous apporter de forts vents contraires. Il nous faut choisir, soit le repos forcé pendant une semaine, soit on abrège l’escale vitorienne. L’équipage aurait bien souhaité pouvoir se reposer quelques jours, une fois l’avitaillement, le ménage, la lessive faits, sans parler de visiter cette ville bien proprette et policée et de profiter de l’hospitalité du Iate Clube Espirito Santo, qui nous mettait à disposition sa piscine. Mais voilà Fleur de Sel profitant d’une « happy hour » concernant le cocktail susmentionné. Cette fois-ci, la glissade de 200 milles aura duré 32 heures. Record de nouveau battu, à 6,4 nœuds de moyenne, et des pointes à plus de 10 nœuds ! Décidément, Fleur de Sel se croit sur une piste de bobsleigh !

Ouvre les yeux

Ouvre les yeux

Il aura manqué deux heures. Au départ, peut-être, où nous avons préféré nous reposer jusqu’au bout avant 270 milles de mer. L’équivalent d’une petite traversée du Golfe de Gascogne, mais à l’échelle du Brésil, ça parait tout petit ! A moins que ce ne soit dans les grains et les sautes de vent du départ que nous avons plutôt essayé de négocier à la voile, quand un peu de moteur nous aurait peut-être fait gagner du temps. Sur la seconde moitié du parcours, difficile de faire mieux, Fleur de Sel se délecte du vent de travers enfin trouvé. A partir d’ici, le vent de sud-est laisse la place à un vent d’est qui deviendra progressivement nord-est. De quoi allonger la foulée, d’autant plus que nous profitons du Courant du Brésil, qui ajoute un demi-noeud, parfois un noeud à notre vitesse. Malgré tout cela, au bout de 36 heures, la nuit nous surprendra encore à une dizaine de milles des Abrolhos. Après moult hésitations, nous avons décidé d’atterrir malgré tout de nuit, sans attendre douze heure au large à capeyer.

Cascade de tranquilité

Cascade de tranquilité

Une sensation étrange monte en nous. Quelque chose de familier et pourtant un peu oublié. Après plus d’un mois passé dans la Baie de Tous les Saints, entre Salvador, les îles et le Rio Paraguaçu, nous avons redécouvert les vagues. Cela nous rappelle notre passage en Norvège, derrière le rempart d’îles externes, où l’on en vient à oublier l’existence de la houle. Mais la mer nous a prévu une petite session de rattrapage. Histoire de nous remettre dans le bain, pour cette première étape cap au sud, la nuit fut mouvementée. La météo pour la semaine à venir nous semblant favorable, nous avons décidé de faire une croix sur Morro de São Paulo, station balnéaire jolie, parait-il, mais chic et clinquante. Nous préférons nous élancer directement pour la baie de Camamu, deux fois plus loin, et deux fois moins fréquentée, pour le moins.

Tu ne t’inquiètes pas, tu fais du tourisme à Bahia…

Tu ne t’inquiètes pas, tu fais du tourisme à Bahia…

Fitas, rubans distribués à l’église Nosso Senhor do Bonfim

De retour d’une petite semaine à Salvador de Bahia, j’ai le privilège d’être la première invitée à écrire sur le journal de Fleur de Sel pour vous faire partager nos souvenirs et impressions. Pas de censure puisque Nicolas et Heidi sont repartis vers la baie de Camamu et l’archipel des Abrolhos. Encore une occasion de se précipiter sur Google Earth pour naviguer, je dirais même surfer, à notre manière.

Brésil, premières

Brésil, premières

On ne pourrait presque pas imaginer plus grand contraste qu’entre nos deux premiers atterissages brésiliens. Fernando de Noronha, la petite île paradisiaque, ne ressemble pas beaucoup à Salvador da Bahia, la mégalopole afro-brésilienne, l’âme du Brésil. C’est par ces deux portes d’entrées que nous avons pris contact avec ce pays-continent.

Balise de détresse

Balise de détresse

La balise de détresse est accessible immédiatement, sur la dérive, non loin de la descente.

Maintenant que nous sommes arrivés de l’autre côté de l’Atlantique, on peut se demander ce qu’il se serait passé si nous avions eu un problème au milieu de nulle part. Nous l’avons vérifié, la mer est grande, et au milieu de l’Atlantique, on est à une semaine de mer, au moins, de la terre la plus proche. Nous avons croisé quelques cargos, certes, et dans ce cas, notre VHF nous aurait permis de les contacter, surtout avec la fonctionnalité ASN que l’on trouve sur tous les modèles récents. Cependant, il y a aussi eu plusieurs jours sans voir quiconque, et je serais bien surpris si les antiques fusées de détresse avaient alerté qui que ce soit.

Nous ne disposons pas à bord d’émetteur BLU (ou HF), car c’est particulièrement onéreux et gourmand en énergie. Une fois hors de portée VHF d’une station côtière, et si l’on ne dispose pas de quoi communiquer en HF, on est alors seuls au monde. Ce n’est pas désagréable, remarquez, et l’on en a bien profité. Mais justement, pour en profiter sereinement, il faut avoir envisagé le pire, et bien qu’il s’agisse d’un investissement non négligeable, nous avons préféré nous équiper d’une balise de détresse. C’est l’objet de ce nouvel article dans la série des moyens de communication.

Double Champagne !

Double Champagne !

Depuis que nous sommes sortis du Pot-au-Noir, nous sommes de retour dans le régime d’alizés, mais du SE maintenant. Ca nous a valu 3 jours de près, mais finalement moins pénible que nous ne le redoutions. La mer était heureusement belle, et le vent affichait une dizaine de noeuds. Juste ce qu’il faut comme il faut. En plus, la mer est vide, nous sommes hors des routes commerciales pour l’instant, et donc la navigation n’est pas trop compliquée.