Thème : Plongée

Pomme de terre en robe des champs et pré-carré kiwi

Pomme de terre en robe des champs et pré-carré kiwi

Le cône de déventement de Savai’i nous aura retenus plusieurs heures dans une petite brise légère d’ouest. Puis en une minute ou deux, quelques bouffées d’alizé ont d’abord soufflé avant que le vent d’est bien soutenu ne s’établisse, le tout en l’espace de 200 ou 300m. Impressionnant, les moutons parsemaient maintenant la mer tandis que quelques minutes plus tôt nous étions dans la pétole. Mais c’était parti, et il ne nous restait que 24 heures environ à faire pour atteindre notre objectif tongien, à commencer par l’île de Niuatoputapu. Depuis longtemps, les Américains (intimidés par les noms peu habituels) l’ont rebaptisée « New Potato ». Pourquoi pas « en robe des champs », tant qu’on parle de pomme de terre nouvelle ?

Ouvre les yeux

Ouvre les yeux

Il aura manqué deux heures. Au départ, peut-être, où nous avons préféré nous reposer jusqu’au bout avant 270 milles de mer. L’équivalent d’une petite traversée du Golfe de Gascogne, mais à l’échelle du Brésil, ça parait tout petit ! A moins que ce ne soit dans les grains et les sautes de vent du départ que nous avons plutôt essayé de négocier à la voile, quand un peu de moteur nous aurait peut-être fait gagner du temps. Sur la seconde moitié du parcours, difficile de faire mieux, Fleur de Sel se délecte du vent de travers enfin trouvé. A partir d’ici, le vent de sud-est laisse la place à un vent d’est qui deviendra progressivement nord-est. De quoi allonger la foulée, d’autant plus que nous profitons du Courant du Brésil, qui ajoute un demi-noeud, parfois un noeud à notre vitesse. Malgré tout cela, au bout de 36 heures, la nuit nous surprendra encore à une dizaine de milles des Abrolhos. Après moult hésitations, nous avons décidé d’atterrir malgré tout de nuit, sans attendre douze heure au large à capeyer.