Ua Huka

Ua Huka

L'unique route de l'île relie les trois villages de Ua Huka
L'unique route de l'île relie les trois villages de Ua Huka

La plus célèbre des Iles Marquises du Nord est Nuku Hiva, mais ce n’est pas avec elle que nous avons d’abord rendez-vous. Nous avons choisi de passer d’abord à Ua Huka. Ses mouillages étant très exposés et rudes pour le marin, elle est peu visitée car les navigateurs lui préfèrent souvent d’autres îles où le repos est meilleur. C’est justement cela qui la rend attrayante ! L’île en est plus discrète, et ses habitants plus accueillants, et nous pouvons profiter de quelques jours où la météo est très favorable pour nous y rendre. Alors de Tahuata et Hiva Oa, nous traçons en ligne droite vers Vaipaee, l’un des trois villages de l’île.

Difficile de deviner la "baie invisible" !
Difficile de deviner la "baie invisible" !

La baie est surnommée la “baie invisible”, et il y a une très bonne raison à cela : à moins d’être parfaitement dans l’axe, on ne la voit pas !!! L’île est particulièrement déchiquetée sur sa côte sud, et entre deux pointes aux coloris rougeâtres, on aperçoit tout juste l’entrée d’un petit fjord. Alors qu’à peine une ondulation anime l’océan, la mer brise avec fracas à l’entrée de la faille, ce qui transforme l’endroit en un véritable chaudron. Mais alors qu’on avance encore un peu, le ressac s’atténue, et on peut alors mouiller dans un endroit à peu près protégé. On aura remarqué un peu avant, au pied des parois, les bittes d’amarrage qu’utilise l’Aranui, la goélette ravitailleuse. Elle obstrue alors toute la largeur de l’entaille !

Nous ne voulons pas rester trop longtemps à Vaipaee, car le mouillage n’est pas réputé pour être sûr. Juste le temps de se reposer de la traversée nocturne depuis le sud, et de visiter un peu le village qui s’étire tout en longueur dans l’axe de la vallée. En plus, c’est samedi, et dès l’après-midi beaucoup de Marquisiens ne sont plus vraiment en état de faire quoi que ce soit, alcool hebdomadaire oblige…

Grillé et en curry thaï - pas mal du tout !
Grillé et en curry thaï - pas mal du tout !

Mais nous passons devant la superbe église du village, et le curé nous fait la visite guidée. Il faut dire que la décoration en sculpture traditionnelle vaut vraiment le détour ! Les frises en croix marquisiennes ou le pupitre en tambour ne sont que des exemples de la décoration fabuleuse de cette vraiment jolie église. Au retour sur le quai, des pêcheurs du week-end, qui viennent de remplir plusieurs glacières de poisson pour plusieurs semaine de consommation familiale nous en offrent un, comme ça ! Il y a donc barbecue, ce soir là, et on en fera trois repas !

Le lendemain, nous changeons de mouillage, ne souhaitant pas rester à Vaipaee alors qu’une houle de SW est annoncée dans les jours suivants. Hane, quelques milles plus à l’est, est encore plus ouverte au sud, mais le mouillage ne se transformera pas en piège si les conditions se dégradent. Fleur de Sel vient donc trouver sa place dans le beau cirque qui sert de cadre à ce deuxième village. Finalement, la houle n’est pas si gênante que cela, elle vient à peine faire monter et descendre le bateau. En revanche, lorsqu’une petite brise se met à souffler à l’extérieur, dans la baie elle se transforme en violentes rafales qui viennent fondre sur le pauvre petit bateau qui tire sur son ancre. Mais surtout, le clapot d’est ne semble pas gêné le moins du monde par le majestueux Motu Hane, ce rocher haut de 163m qui ferme la baie. Le clapot entre, ricoche, fait comme chez lui et vient faire rouler les pauvres âmes qui cherchent le repos (pas tout à fait éternel, on l’espère !)

Les Tikis admirent Fleur de Sel dans la baie de Hane
Les Tikis admirent Fleur de Sel dans la baie de Hane

Et malgré cela, malgré tout cela, nous resterons cinq jours à Hane. Bien plus que ce que nous pensions, tellement nous nous y sommes senti bien. Nous avons fait quelques ballades, vers le village voisin de Hokatu tout d’abord, réputé pour le talent de ses artisans sculpteurs de bois. La partie pédestre de la promenade a été courte, puisqu’une dame qui se rend à Hokatu pour y faire des courses nous prend immédiatement dans son pick-up, s’arrête au joli point de vue de la pointe, nous dépose sur le plateau au-dessus du village, nous indique le chemin pour redescendre, nous indique où elle nous attendra pour le retour, et nous ramène à Hane. Pas en bas du village, mais en haut, chez elle, où elle nous remplit en plus un sac de pamplemousses ! En redescendant, elle nous présente Patricia, sculpteuse sur bois elle aussi, et qui nous montre tout son art avec gentillesse.

Nous nous dirigeons alors sur la route vers Vaipaee, histoire d’admirer les paysages, et là aussi, on nous prend en stop, ce qui nous permet de faire toute la route côtière, et d’aller visiter le petit musée communal de Vaipaee qui était fermé le week-end où nous y étions passé : un très bel assortiment d’artéfacts locaux. A Hane aussi il y a un petit musée, que nous visitons grâce à Teri, et qui a pour thème la mer. On y admire de très belles pirogues, et nous faisons l’acquisition d’une belle pagaie décorative sculptée au centre artisanal adjacent.

Et elles nous ont offert les paniers en partant !
Préparation des journées du patrimoine

Une autre promenade nous mène au-dessus de Hane, dans la cocoteraie tout d’abord, puis dans la forêt, pour aboutir aux tikis. Ils reposent sur leur me’ae (site cérémonial) avec une superbe vue sur la baie. On devine Fleur de Sel tout en bas, à côté de Pacific Bliss, un joli catamaran anglais avec une famille de deux enfants. Nous passons quelques bons moments avec Lizzy et Colin (les parents), à discuter de nos parcours, de nos projets et nous apprécions ces gens qui bien que naviguant sous les tropiques, aiment bien toutefois sortir des sentiers battus. Zinia et Cosmo (les enfants) sont même allés une semaine ou deux à l’école sur l’île de Fatu Hiva ! Sacrée expérience… En revenant de notre promenade vers les tikis, nous passons un bon moment avec une institutrice et deux mamans qui tressent des paniers et des chapeaux. C’est la semaine du patrimoine, et les enfants apprennent les traditions ancestrales. Le lendemain, c’est la journée des jeux traditionnels. Lorsque nous en parlons à Lizzy et Colin, ils vont trouver la directrice de l’école et hop ! voilà les enfants scolarisés de nouveau cette fin de semaine et la suivante. C’était la première fois que des enfants d’un voilier allaient à l’école de Hane !

Nous échangeons les bons plans, et ils nous recommandent d’aller dîner au snack qui ouvre chaque soir non loin de la plage. Le steak-frites (plat unique, sauf le week-end où il y a pizza, pas très marquisien on vous l’accorde) est effectivement très bon, et nous nous régalons. La télévision débite ses sornettes, d’abord un jeu où les candidats brillent par leurs mauvaises réponses (les Polynésiens sont extrêmement pratiques, mais fort peu académiques). Puis c’est la météo et le journal télévisé, d’abord en tahitien puis en français. Mais pas en marquisien… De toutes les manières, tout vient de Papeete et des Iles de la Société, et les Marquisiens, qui sont rattachés un peu par défaut au reste de la Polynésie doivent faire avec. Pourtant, nous voyons bien ici combien ils sont différents. Mais ils sont trop peu nombreux pour que ça compte… Et pourtant la solution qu’ils souhaiteraient est d’être rattachés directement à la France, et non pas à Papeete… En tous les cas, il est une chose dont ils ne manquent pas ici, c’est de gentillesse. Car après avoir dîné, au moment de partir, un monsieur (le père des deux cuisinières) nous dit : “Je viens avec vous en voiture”. “Ah bon ?”. “Oui, pour éclairer les vagues avec les phares.” Evidemment, pour repartir de la plage sur laquelle brisent les vagues, c’est d’une grande aide pour éviter de trop se mouiller, ou en tout cas de se renverser. Incroyable accueil, mais bien vrai.

La plage de la baie de Hane
La plage de la baie de Hane

Nous aurions pu rester encore à Hane, pour retourner à Hokatu, marcher plus haut dans la montagne, aller voir l’autre côté de l’île, ou passer encore du temps avec l’un ou l’autre des gens que nous avons rencontrés. Mais avant de quitter l’île, nous voulions aussi aller voir les plages de l’ouest. Une petite navigation nous mène aux îlots qui débordent la pointe SW, Hemeni et Teuaua. Le premier, côté large, est tout pointu, tandis que le second, côté terre, est tout plat. C’est le domaine des sternes, et alors que nous passons entre la terre et les îlots (à vitesse lente, tout de même, car c’est une zone non-hydrographiée), leurs piaillements sont incessants. La première baie, Haavei et la seconde, Hatuana, sont ouvertes au sud. Le cadre est superbe, au débouché de vallées encadrées de montagnes. Mais alors que Hatuana nous plait plus, elle est manifestement moins bien protégée de la houle, les îlots étant trop loin. Après y avoir observé le ballet des raies-manta, nous revenons à Haavei pour la nuit. Malgré le roulis (comme toutes les nuits depuis une semaine !), ce sera un bon point de départ vers Nuku Hiva, que l’on voit à l’ouest dans le soleil couchant.

Les deux frérots Teuaua et Hemeni
Les deux frérots Teuaua et Hemeni

2 Replies to “Ua Huka”

  1. Bonjour

    J’adore Ua Huka, d’ailleurs ma femme et ma fille y sont en vacances en ce moment notamment à Hane.
    Vous décrivez très bien l’atmosphère si particulière de cette ile ainsi que la gentillesse et l’hospitalité des habitants.
    J’y suis déjà allé 3 fois et ce n’est pas fini car les paysages sauvages et fascinants me dépaysent complétement.

    Bonne continuation à vous

    François

  2. un petit bonjour pour vous remercier des beaux récits que vous nous envoyés.malheureusement tout àlheure une
    malencontreuse manipulation de l’ordi nous a fait perdre
    votre envoi de ce jour ; pourriez-vous nous le renvoyer.
    Avec nos remerciements et des grosses bises.

    EJPJ

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