Thème : Polynésie

De l’activité à Fremantle !

De l’activité à Fremantle !

Nous serons au menu de la Cruising Topics Night de ce mois-ci !

Pour s’éviter un mea culpa, rien de mieux qu’une bonne diversion, n’est-il pas vrai ? Notre acte de contrition concernant notre silence prolongé attendra donc encore un peu. Grâce à la carte présente en haut à droite de nos pages, vous savez déjà que nous avons atteint avec succès la côte ouest australienne, et vous vous douterez que le rythme soutenu mené le long de la côte sud du continent nous a non seulement laissé peu de temps mais il nous a aussi lessivés. Nous vous conterons donc une autre fois ces contrées très peu courues.

Les journaux de Cook

Les journaux de Cook

Parmi les marins, c’est le numéro 001. Le nom est Cook, James Cook. Il a tout fait, et tout a été dit de lui. Lapérouse a même admis que Cook ne lui avait plus rien laissé à faire qu’à admirer son travail… Depuis que nous sillonnons le Pacifique Sud, il n’est pas de nom plus universel que celui du célèbre explorateur britannique. On rencontre son nom partout : des baies, des sommets, des villes, un détroit, et même un pays ! Aussi était-il temps de parler de ses journaux, qui sont une lecture inestimable à bord, et d’autant plus faciles d’accès qu’ils sont disponibles librement comme eBook. Voici donc quelques appréciations pour inaugurer cette rubrique sur notre bibliothèque du bord.

Go West !

Go West !

L’alizé soufflait fraîchement au moment où l’on a quitté Maupiti. Aussi, pendant les deux premiers jours, la paisible navigation tropicale sous les latitudes clémentes ressemble plutôt à une partie de flipper. Même au portant, vu comme la mer est courte et parfois désordonnée, il est téméraire de vouloir garder les panneaux ouverts. Aux mouvements quelque peu chaotiques, il faut donc ajouter la chaleur que le soleil ne manque pas d’entretenir dès son lever et jusque bien après son coucher. Faire la cuisine relève de l’exploit acrobatique, mais on parvient tout de même à s’alimenter. De toutes les manières, dans ces conditions, Heidi ne peut avaler que quelque chose de simple. On nous croirait masochistes à nous voir nous précipiter hors d’un lagon parfaitement protégé pour aller nous jeter dans 20 à 25 nœuds de vent. Mais voilà, nous finirons par toucher les dividendes de ce moment un peu inconfortable.

Les surprises de Maupiti

Les surprises de Maupiti

Pour être à l’heure au rendez-vous, il faut partir dans la nuit de Bora Bora. Alors nous avons levé l’ancre vers 23h30, pour passer devant le village enfin endormi et franchir la passe où étaient actifs quelques pêcheurs. C’est qu’il y a du monde à nourrir dans tous les hôtels… Nous mettons aussi la ligne à l’eau, mais elle restera bredouille, même au petit matin. Après un bon bord de grand-largue et après avoir empanné, nous voyons la silhouette de Maupiti se dessiner dans l’aube naissante, silhouette que l’on n’avait qu’aperçu de loin hier sur l’horizon.

Sous le Vent des Iles

Sous le Vent des Iles

Ce sont les Iles Sous le Vent, et la première est là devant nous au lever du jour : Huahine. Contrairement aux Iles Sous le Vent des Antilles, qui ne sont pas vraiment sous le vent, c’est-à-dire en aval dans le sens de la circulation dominante, ici la navigation se fait au portant depuis Tahiti et Moorea (les Iles du Vent). La nuit a été calme, et Fleur de Sel a bien avancé sauf dans quelques molles. Il ne faut pas confondre Huahine et Vahine, même si ce n’est pas un hasard si leurs noms se ressemblent. Huahine a décidément quelque chose de féminin. Vahine en tahitien c’est tout simplement la femme. Huahine, on nous l’apprendra sur place, signifie « sexe féminin ». C’est certainement parce que l’île est en fait deux îles, séparées par une entaille. Il y a la « grande île » au nord, Huahine Nui, et la « petite île » au sud, Huahine Iti. Et comme pour bien s’assurer du graphisme de la chose, un piton s’élève le long de l’indentation qui les sépare, et en tahitien c’est bien-sûr le « Pénis de Hiro », Hiro étant la grande divinité polynésienne.

Tahiti – Mo‘orea … et retour

Tahiti – Mo‘orea … et retour

Un grand plaisir que cette traversée. Du largue, tout du long, pas un grain, pas trop de vagues, c’était très agréable. Fleur de Sel a tellement tracé – particulièrement sur le début du parcours, où elle a avancé de 78 milles en 12 heures, et même plus de 21 milles en 3 heures – qu’on s’est retrouvé un peu en avance à Tahiti, après une quarantaine d’heures de mer. C’est donc dans à la lueur de la Lune qu’on a deviné dans la nuit la masse de l’île, non pas noire mais blanche, enveloppée de nuages tandis qu’il faisait beau par ailleurs. Nous avons donc poursuivi un peu au sud de la Presqu’île pour empanner à l’aube, le tout afin d’arriver au niveau du récif après le lever du soleil. Heureusement la passe de Vaiau est bien balisée car la houle brise avec violence et forme des rouleaux impressionnants. C’est un spectacle grandiose et malgré les vagues qui déferlent de part et d’autre, nous nous faufilons en sécurité au travers de cette entaille qui mène vers deux bassins profonds et bien protégés.

Tour de passe-passe

Tour de passe-passe

Lorsque nous embouquons la passe Tumakohua, dans le sud de Fakarava, le courant est légèrement sortant. Mais en raison du vent mou ce n’est vraiment pas grave, et devant nos yeux défile doucement sur tribord l’ancien village de Tetamanu. Seules quelques familles y vivent encore, avec quelques petites pensions et des clubs de plongée. C’est que Fleur de Sel survole en ce moment un superbe terrain de jeu sous-marin, mais pour l’instant il nous faut trouver un mouillage. Pas facile, car du côté du « village » il y a énormément de patates de corail, et de l’autre côté de la passe les fonds sont bien meilleurs mais il serait imprudent de traverser lorsque le courant se met à pulser, vu la petitesse de notre moteur d’annexe. Une fois l’ancre posée dans un coin à peu près sain, et la chaîne soutenue entre deux eaux par des pare-battages, nous rendons visite au voilier voisin en allant arranger quelque chose avec le club de plongée. Finalement il y aura apéro à bord de Muscade ce soir-là et plongée le lendemain.

Pays d’atolls

Pays d’atolls

Quelle différence ! La Polynésie Française a ceci de merveilleux que ses archipels sont remarquablement divers et variés. Si bien qu’en quittant les Marquises et en arrivant aux Tuamotu quatre jours plus tard, on est transporté dans un univers radicalement différent. Ici ce n’est plus le monde de la montagne mais celui de l’eau et la randonnée fait place aux baignades.

Dialogue des Marquises du Nord

Dialogue des Marquises du Nord

[Nicolas] Déjà quatre semaines que nous sommes aux Marquises. Il ne faudrait pas qu’on s’éternise trop !

[Heidi] Oui, mais quatre semaines ce n’est rien si l’on veut un peu découvrir une culture à la fois riche et énigmatique comme celle des Marquisiens.

[N] Evidemment, là il faudrait il y passer des mois, voire des années, et pourtant nous avons aussi d’autres endroits à découvrir plus loin sur la route. De toutes les manières, NukuHivasera de nouveau une grande île, qui plus est avec le siège de l’administration, et l’ambiance sera certainement moins chaleureuse que sur Tahuata ou UaHuka qui étaient plus reculées.

[H] Effectivement, à Taiohae, c’était un peu ça. Une escale « en ville » qui nous permet en plus de faire quelques achats bien nécessaires de temps à autre, surtout quelques légumes et des produits de base (sucre, farine, lait, œufs). Malgré tout, le village n’est pas si désagréable, même s’il s’étire tout en longueur, et les flamboyants sont bien jolis. C’est surtout le mouillage qui était rouleur…