Année : 2015

Anatomie d’une île autonome

Anatomie d’une île autonome

Joli lever de soleil, mais en dépit des apparences au large le vent souffle à plus de vingt noeuds et de légères ondes entrent dans le lagon et viennent balancer le bateau toutes les 6-8 secondes...

L’ancre de Fleur de Sel repose maintenant dans la baie d’Anelcauhat (ou Anelgowhat, il faut s’habituer aux orthographes multiples et variées), et sous ses barres de flèche flottent le pavillon de courtoisie vanuatais et le pavillon jaune de quarantaine. Nous abordons le pays par un port qui n’est pas un port d’entrée officiel. Mais nous ne sommes pas hors la loi pour autant : avant de partir nous avons demandé à la douane du Vanuatu la permission d’aborder à Anelcauhat, et nous avions reçu en retour (et dans les 3 heures !) un beau document officiel nous donnant l’autorisation demandée. On nous demande juste d’appeler la police d’Anelcauhat sur VHF 16 pour faire les formalités, ce que nous faisons. Mais aucune réponse. Nous attendons, et cela nous arrange bien, car le mouillage est très protégé et tranquille et on peut se reposer avant d’aller à terre. Le lendemain matin, toujours aucune réponse, et nous mettons donc l’annexe à l’eau pour débarquer. La station de police est simple et spartiate (aucune trace de poste VHF…), et l’officiel en short et t-shirt nous délivre le permis de navigation jusqu’à Port-Vila en échange des frais de douane et de quarantaine. Pas d’inspection phytosanitaire, la seule contrainte est de ne débarquer aucun aliment frais provenant d’ailleurs, et nous réalisons alors que nous aurions pu apporter bien plus de fruits, légumes et viande.

Nouveau départ et petits soucis

Nouveau départ et petits soucis

Terre à l'horizon ! Un nouveau pays, un grand moment...

Nous nous étions fixés la date du 30 juin pour terminer de travailler, et en programmant la sortie pour carénage au 1er juillet, cela nous obligeait quelque peu à respecter le timing (en fait il y a quand même eu un peu de retard). Fleur de Sel a donc été hissée au sec sur le travelift de Nouville, et nous avions devant nous une semaine pour gratter la coque et la nettoyer au karcher (une journée qui nous a permis d’ajouter « Brut de Corail » à notre gamme de parfums), la poncer (une autre journée), et la peindre en passant 2 à 4 couches d’antifouling selon les endroits (une journée à chaque fois). Comme nous avons fait recaler le bateau pour pouvoir peindre les endroits préalablement inaccessibles et que la pluie s’est immiscée dans le jeu (ce qui nous donnait le temps de nous occuper des passe-coques à revoir), la semaine prévue a tout juste suffi. Le 8 juillet, Fleur de Sel retrouvait enfin son élément, tandis que Port Moselle nous retrouvait une place pour quelques jours.

Deux ans mais pas beaucoup plus

Deux ans mais pas beaucoup plus

Le passe-câble fait maison pour faire un angle le plus doux possible...

C’était le 4 mai 2013 que Fleur de Sel faisait officiellement son entrée en Nouvelle-Calédonie. C’est-à-dire il y a tout juste plus de deux ans. Lorsque nous sommes revenus sur le Caillou, nous ne savions pas si nous y resterions deux mois, un an, ou deux, ou qui sait trois ou cinq ? Finalement, nos recherches avaient été positives, et nous nous étions lancés dans des défis professionnels. Pour Heidi, l’expérience Koniambo s’est arrêtée en février, ce qui nous a permis d’aller fêter son anniversaire (avec un retard négligeable) à Melbourne mais en avion, Fleur de Sel restant sagement à Port Moselle.

Le début du mois de mai, c’est aussi un bon soulagement pour nous, car si l’année dernière la saison cyclonique (décembre-avril) n’avait pas été impressionnante, avec deux dépressions proches mais « maniables », cette année on n’est pas passé loin de la catastrophe, avec Pam. Nous n’osons penser au sort de Fleur de Sel si ce terrible cyclone avait ciblé la Calédonie. Mais revenons à des pensées plus exaltantes, car nous avons des projets plein la tête, l’objectif étant de boucler mes affaires dès que possible pour attaquer la suite du voyage en commençant par le Vanuatu pendant cette saison navigable. Puis ce sera le cap vers le sud de l’Australie à la saison estivale, et pour le reste nous vous invitons à voir la suite du programme actuel sur notre page « Parcours » mise à jour. Nous sommes donc en plein préparatifs, car cela fait deux ans que Fleur de Sel s’est quelque peu muée en appartement flottant. Nous avons continué à l’entretenir, mais moins que d’habitude et avant de repartir certaines choses sont à revoir, à remplacer, à rénover.

Dans notre dernière Lettre du Bord, nous vous parlions du moteur, qui avait été l’objet de nos attentions sur la fin 2014, histoire de lui faire une révision complète. Il y avait aussi eu la réfection des parquets, entièrement revernis. Mais la liste de nos travaux en cette première moitié de 2015 s’allonge notablement…

Pam : tout va bien ici, pas au Vanuatu

Pam : tout va bien ici, pas au Vanuatu

Pam au moment où elle frappe de plein fouet l'île de Tanna

Ce court message pour rassurer ceux qui seraient inquiets. La Calédonie a été placée en pré-alerte et il y a eu alerte cyclonique dans les Loyautés car c’est passé pas loin là-bas. Mais à Nouméa nous avons du sale temps sérieux, mais sans plus : de la pluie et de bonnes rafales (nous aurons eu au plus fort 33 noeuds en moyenne, et des rafales à 52 noeuds). Mais ce n’est pas pire qu’en d’autres coins de la planète. Et d’ailleurs le vent a tourné, la pression remonte, ça commence à se calmer et peut-être même à se dégager. Donc pas d’inquiétude pour nous.