Navtex, le télex en navigation

Navtex, le télex en navigation

Dans la série des moyens de communication, nous vous présentons aujourd’hui le deuxième de nos fidèles compagnons. Après la VHF, voici le Navtex, contraction de Navigational Telex. C’est un appareil très spécialisé (mais nous le présentons justement pour ceux qui n’y connaissent rien) et unidirectionnel (réception seulement). A bord, nous l’utilisons surtout pour obtenir les prévisions météo.

Le Navtex en quelques mots

Il s’agit d’un simple boitier à la table à carte, avec relativement peu de boutons, car son fonctionnement est entièrement automatique. A cela s’ajoute simplement une antenne extérieure, en forme de champignon, et qui se trouve chez nous dans le balcon arrière. Cet appareil consomme peu d’électricité, car il ne fait que recevoir les messages qui sont émis en graphie (c’est-à-dire en texte écrit, et non en phonie, vocalement) par des stations situées à terre sur deux fréquences distinctes, 490 kHz et 518 kHz.

Dans chaque zone météo (Metarea, il y en a plus d’une quinzaine dans le monde), chaque station correspond à une lettre, et dispose de créneaux réguliers pour diffuser ses messages. Ainsi, c’est la lettre N qui est attribuée à la station que nous utilisons actuellement, située à Trondheim. De même, les messages émis sont regroupés en plusieurs catégories. Les bulletins météo correspondent à la lettre E, tandis que les avis de coup de vent sont repérables à la lettre B.

Bulletin météo norvégien reçu sur notre Navtex, reconnaissable aux deux lettres N et E.
Bulletin météo norvégien reçu sur notre Navtex, reconnaissable aux deux lettres N et E.

Un système ultra-simple

On peut simplement laisser tourner le récepteur Navtex automatiquement, auquel cas il reçoit tous les messages de toutes les stations, ou filtrer sur une ou plusieurs stations en particulier, ainsi que sur une ou plusieurs catégories de messages, ce que nous faisons généralement, afin d’éviter de recevoir des avis aux navigateurs concernant l’Adriatique tandis que nous naviguons en Norvège… Enfin, il faut savoir que sur la fréquence 518 kHz, tous les messages sont émis en anglais, ce qui simplifie beaucoup la chose, tandis que la fréquence 490 kHz permet aux stations qui le désirent d’émettre leurs messages en langue nationale (par exemple en français pour les stations françaises).

Petit bonus, il ne transmet pas que les bulletins météo, mais toutes sortes d’avis aux navigateurs. On est ainsi prévenu lorsqu’un phare est en panne, lorsque des opérations sous-marines ont lieu dans le secteur, ou encore lorsque des travaux ont lieu dans l’entrée d’un port.

Un système low-tech ultra-fonctionnel

Les premières générations de Navtex imprimaient les messages reçus sur des bandes de papier déroulant. Cela consommait beaucoup de papier, surtout lorsque les filtres n’étaient pas bien paramétrés. Aujourd’hui, notre Navtex ne fait que stocker les messages en mémoire, et nous permet d’en prendre connaissance par la suite. Quand la mémoire est pleine, les messages le plus anciens sont remplacés par les nouveaux. Voilà, c’est tout ! Simple, non ?

Quelques mots encore à propos de ce système pour en donner les avantages et les inconvénients (selon notre expérience). Avantages indéniable, il consomme très peu, fonctionne de manière entièrement autonome, stocke les messages en mémoire, et on peut les lire (et surtout les relire !) par la suite, par exemple le matin lorsque le message a été reçu pendant la nuit. Pas besoin de courir écouter le bulletin VHF qui tombe évidemment au moment de l’empannage, pas besoin de noter en sténo les prévisions lues toujours trop vite par un opérateur radio pressé, etc.

Des prévisions sur des zones larges

En revanche, il existe évidemment des inconvénients à ce système. Tout d’abord, il ne permet que de recevoir des messages en format texte, d’une longueur raisonnable. Donc pas de carte météo, et pas de bulletin détaillé. Les informations reçues restent générales, et couvrent en principe des zones relativement larges sur une période de temps elle aussi assez longue (12 à 24h). Le principe de précaution voudra de plus que le bulletin annonce le plus fort vent prévu. Ainsi, on pourra annoncer force 5 à 6, passagèrement 7, et n’avoir finalement que 5, car il y aura 7 pendant une heure ou deux ailleurs dans la même zone météo. Pour avoir quelque chose de plus précis, au large il faudra soit compléter cela par les cartes météo reçues par BLU, soit par des fichiers GRIB téléchargés par téléphone satellite ou par BLU également. Les plus précis étant payants…

Une qualité variable selon les pays émetteurs

De plus, chaque pays utilise le Navtex un peu comme il l’entend (dans les limites des règles ci-dessus tout de même !) En Norvège et en France, par exemple, seule la météo au large est diffusée sur le Navtex, quel dommage ! Pour la météo côtière, il faut écouter à la VHF. En France, passe encore, mais en Norvège, faute de comprendre les bulletins lus trop rapidement en norvégien, nous sommes contraints d’extrapoler par rapport aux prévisions pour le large, et les conditions sont parfois fort différentes.

Au Royaume-Uni, les prévisions côtières sont émises sur 490 kHz, tandis que les prévisions large sont émises sur 518 kHz. En France enfin, les bulletins émis dans les deux langues ne sont pas les mêmes. Ils ne couvrent pas les même zones, et surtout c’est bien plus détaillé sur le bulletin en français… Et puis l’Australie ou la Nouvelle-Zélande n’utilisent pas du tout le Navtex, donc silence radio dans le Pacifique sud-ouest.

Enfin, ce système étant conçu pour le large, on ne reçoit pas toujours bien les bulletins lorsque l’on est à l’intérieur des terres avec un relief bien accidenté, par exemple dans certains lochs écossais ou dans les fjords norvégiens. En revanche, au large, on reçoit les prévisions des Féroé jusqu’en Ecosse, voire celles de Reykjavik !

Navtex : à avoir à bord dès qu’on sort de portée mobile

Malgré ces inconvénients, dont il faut avoir conscience, le Navtex constitue pour nous un outil irremplaçable. Avec le baromètre, c’est le seul appareil qui est allumé en permanence, car il nous permet toujours de savoir à quoi nous en tenir, sinon précisément, du moins dans les grandes lignes. Nous verrons plus tard ce qu’il en est ailleurs qu’en Europe, mais pour l’instant on ne s’en priverait pour rien au monde !

2 Replies to “Navtex, le télex en navigation”

  1. Je confirme ton analyse du Navtex que je viens d’installer sur mon voilier. Très pratique et utile. Il sera à bord pour notre croisière 2010 en Ecosse.
    Pierre-Marie

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