Thème : Marées

Chez Cook, Tasman & Cie

Chez Cook, Tasman & Cie

Motuara Island et le détroit de Cook, vus du Queen Charlotte Track entre Ship Cove et Resolution Bay

Lorsque nous quittons Milford Sound, par un peu moins de 45°S, c’est une longue étape côtière qui nous attend. Elle aurait pu être plus difficile qu’une traversée au large, car il y a potentiellement des pêcheurs, et le vent est influencé par les montagnes, les vagues par le talus continental. Bref, il y a des jours où ce pays est des plus inhospitaliers, d’autant qu’aucun abri ne s’offre à nous avant d’atteindre l’extrémité de l’Ile du Sud, par presque 40°S. Sur la carte, on peut repérer deux ports, Greymouth et Westport, mais ce sont des rivières dont les barres d’entrée peuvent être hasardeuses, surtout lorsque la marée, la houle et la pluie se concertent pour en faire un véritable enfer. On nous a fortement déconseillé de nous y aventurer : même des chalutiers habitués des lieux viennent s’y abîmer régulièrement, et un guide indique avec un humour quelque peu britannique que si le temps est très calme et que nous sommes à l’article de la mort, alors on peut considérer cette éventualité… Non, le seul arrêt aurait pu être à Jackson Bay, une cinquantaine de milles au nord de Milford Sound. Nous avons envisagé fortement de nous y arrêter, pour découvrir – ne serait-ce-que quelques heures – un endroit hors du commun : terminus de la route qui descend la côte ouest, petit port de pêche, avec parait-il un snack qui fait de bons casse-croûtes.

Les surprises de Maupiti

Les surprises de Maupiti

Pour être à l’heure au rendez-vous, il faut partir dans la nuit de Bora Bora. Alors nous avons levé l’ancre vers 23h30, pour passer devant le village enfin endormi et franchir la passe où étaient actifs quelques pêcheurs. C’est qu’il y a du monde à nourrir dans tous les hôtels… Nous mettons aussi la ligne à l’eau, mais elle restera bredouille, même au petit matin. Après un bon bord de grand-largue et après avoir empanné, nous voyons la silhouette de Maupiti se dessiner dans l’aube naissante, silhouette que l’on n’avait qu’aperçu de loin hier sur l’horizon.

Pays d’atolls

Pays d’atolls

Quelle différence ! La Polynésie Française a ceci de merveilleux que ses archipels sont remarquablement divers et variés. Si bien qu’en quittant les Marquises et en arrivant aux Tuamotu quatre jours plus tard, on est transporté dans un univers radicalement différent. Ici ce n’est plus le monde de la montagne mais celui de l’eau et la randonnée fait place aux baignades.

A contre-sens

A contre-sens

C’était un peu présomptueux de vouloir partir à peine à l’eau. Fleur de Sel a retrouvé son élément le vendredi 10 février dans la matinée. Il restait bien évidemment pas mal de choses à faire, petites et moins petites. Nous avions essayé de terminer le maximum auparavant, du moins dans le temps que nous avions entre les couches de peinture. Mais plusieurs choses n’étaient faisables qu’à flot, notamment installer la nouvelle girouette en tête de mât. C’eût été trop risqué à terre. Et puis regréer, les trois voiles, la bôme, tous les cordages qu’on avait rangés pour minimiser la prise au vent en cas de cyclone. Pourtant, Fleur de Sel était prête en soirée, et ce au prix d’un bon coup de soleil, attrapé on ne sait comment entre les averses.

Préparer sa croisière dans le Grand Sud (Patagonie et Terre de Feu)

Préparer sa croisière dans le Grand Sud (Patagonie et Terre de Feu)

Chaque année plus nombreux, les voiliers se mesurant aux rudes éléments du Grand Sud viennent y rechercher le grand bol d’air d’une Nature vierge et grandiose. C’est notamment car les conditions d’une croisière dans ces hautes latitudes australes s’améliorent, en particulier au niveau de l’information disponible. C’est la raison pour laquelle nous partageons ici notre expérience sans chercher toutefois à se substituer aux guides plus spécifiques. Voici donc seulement de quoi faciliter la tâche de ceux qui organisent leur voyage à la voile en Patagonie et en Terre de Feu. Car avant de profiter des glaciers, des oiseaux, des canaux, des montagnes et des grands espaces, il faut un peu de préparation…

En temps et en heure

En temps et en heure

Ils sont assez rigolos nos nouveaux voisins du Museu Oceanografico...

Le chenal qui mène à Rio Grande fait une longueur phénoménale. C’est le seul port de toute la longue côte (sablonneuse) de l’état de Rio Grande do Sul, mais également l’un des plus grands du pays. Le chenal nous fait donc passer devant les terminaux de containers, céréalier, des engrais, pétrolier, et pétrochimique avant de longer ensuite le port de pêche, pour enfin, tout au bout, atteindre le yacht-club, avant que la profondeur ne s’amenuise tant qu’il ne reste plus rien pour naviguer. C’est que le chenal en question joint aussi la Lagoa dos Patos à la mer. C’est la plus grande lagune d’Amérique du Sud, et elle fait quatre fois la superficie du Lac Léman ! Le marnage a beau être très faible, vu la surface du bassin, les courants sont très prononcés. Nous nous présentons donc au milieu de la marée montante en face des deux longues jetées qui s’étendent quelques kilomètres en mer pour constater avec surprise que le courant sort ! Nous revérifions l’horaire des marées, il est 10h30, la mer devrait être haute à 13h. Mais l’heure ici, ce n’est pas l’heure : apparemment, le courant est plutôt dicté par le vent que par la Lune.

Cascade de tranquilité

Cascade de tranquilité

Une certaine image du paradis : pour les hommes avec les palmiers, et pour les moustiques avec la mangrove...

Une sensation étrange monte en nous. Quelque chose de familier et pourtant un peu oublié. Après plus d’un mois passé dans la Baie de Tous les Saints, entre Salvador, les îles et le Rio Paraguaçu, nous avons redécouvert les vagues. Cela nous rappelle notre passage en Norvège, derrière le rempart d’îles externes, où l’on en vient à oublier l’existence de la houle. Mais la mer nous a prévu une petite session de rattrapage. Histoire de nous remettre dans le bain, pour cette première étape cap au sud, la nuit fut mouvementée. La météo pour la semaine à venir nous semblant favorable, nous avons décidé de faire une croix sur Morro de São Paulo, station balnéaire jolie, parait-il, mais chic et clinquante. Nous préférons nous élancer directement pour la baie de Camamu, deux fois plus loin, et deux fois moins fréquentée, pour le moins.

Agua, agua…

Agua, agua…

Le départ de la randonnée vers la Ribeira de Paúl se fait à Cova, ancien cratère de volcan dont pas une parcelle n'est perdue pour la cultivation

Comme un pied de nez à St-Exupéry, les Iles du Cap-Vert où nous séjournons depuis plus de 3 semaines maintenant semblent défier la citation du pilote-écrivain. Il connaissait sans doute cet archipel, vu ses périgrinations aéropostales et transatlantiques. Mais pourtant, pourtant, au premier abord, on se demanderait presque s’il ne s’était pas trompé en affirmant que « L’eau n’est pas nécessaire à la vie, l’eau c’est la vie ! » Comment expliquer en effet la présence de tant de monde sur ces confettis de Sahara déposés en pleine mer, là où l’eau abonde, certes, mais de l’eau salée. Car pour l’eau douce, il s’agit d’une autre histoire, que nous avions commencé à découvrir dans les iles plates de l’est, dépourvues de pluie à longueur d’année. Mais dans les îles occidentales, plus montagneuses, le refrain est identique, même si le couplet prend maintenant du relief.

Préparer sa croisière en Norvège

Préparer sa croisière en Norvège

En ce début de printemps, plusieurs bateaux se préparent certainement à migrer vers le nord, tout comme nous l’avons fait l’année passée. Seulement, parmi ceux-là il n’y aura que peu de francophones. La Norvège est une destination méconnue, visitée le plus souvent par la route et pourtant si fabuleuse pour la navigation. Les plaisanciers scandinaves, allemands et néerlandais ne s’y trompent pas, et ils reviennent année après année. Nous vous proposons donc quelques renseignements utiles sur cette page, afin de vous aider à sortir des sentiers battus.

Retour vers l’océan

Retour vers l’océan

Le port de Tórshavn, est un abri bienvenu, et tout à fait charmant qui plus est !

A plus d’un titre, depuis que nous avons quitté les Lofoten, nous sommes revenus vers l’océan. Bien évidemment, ces îles, ainsi que la côte norvégienne dans son ensemble, sont elles aussi bordées par la Mer de Norvège. Mais à force de naviguer dans le skjærgård (chenaux protégés entre fjords et îlots), on en oublierait presque que l’océan mène sa vie juste à côté. On sent parfois la houle, lorsqu’on franchit un passage un peu plus ouvert, mais cela ne dure pas. On subit de temps en temps une petite dépression avec sa pluie et son vent, mais elles sont très atténuées. Et au final, nous avons découvert la Norvège dans une atmosphère beaucoup plus continentale qu’océanique : le vent d’est apporte la chaleur terrestre, et assure le plus souvent un temps étonnemment clément. Mis à part deux ou trois jours seulement où l’eau était animée par les vagues, nous avons surtout évolué sur de l’eau plate, ce qui assure des conditions de navigation optimales.

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